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2019 : Professeur Tariq Ramadan et la situation globale


"Une recherche sur  Google en anglais nous renvoie à  environ 500 000  plus de résultats  qu’en français. Mais c’est la différence de contenu qui saute aux yeux dès la première page. En anglais,  il est un  ‘influential Swiss-born academic… a professor of contemporary Islamic studies at Oxford University’ou ‘recognised by many as the most prominent Islamic studies academic in the Western world’. En langue française,  il ne faut pas aller loin pour tomber sur ‘petit-fils du fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans’ ou ‘l'islamologue controversé’


Le traitement de ce qui lui arrive est tout aussi différent. En lisant le Guardian, nous sommes à des années-lumière de ce que nous ne pouvons retrouver en matière d’objectivité dans Le Figaro. Toutefois, les nouvelles à la française se retrouvent en anglais dans des publications comme le Times of Israël et The National. Cette dernière, proche du pouvoir émirati, se paye même de la pub sur Google afin que ses propos dénigrants sur le Professeur Ramadan apparaissent en première ligne lors d’une recherche. Quant aux auteurs de ces articles, nous découvrons qu’il s’agit de journalistes soi-disant indépendants  qui,  depuis des années pour certains, se font une carrière en s’attaquant au Professeur Ramadan…


L'homme qui dérange


Si j'étais le diable, je m'intéresserais à Tariq Ramadan…’ j’écrivais il y a quelque temps. Il fallait l’arrêter. Si nous regardons le monde en 2019, il n’existe presqu’aucun sujet qui  a fait la une de l’actualité  sur lequel le Professeur Ramadan n’aurait pas été un commentateur, voire un agitateur, pour le moins gênant. Même si les faits datent de fin 2018, l’affaire Khashoggi en 2019 a démontré jusqu’où certains peuvent aller pour faire taire les critiques. L’emprisonnement, et ensuite le lynchage médiatique qu’il a subi, n’ont pas permis au Professeur Ramadan de se faire entendre. 

Interdit aussi aux Émirats et en Egypte, comme en Arabie Saoudite, ses prises de position vis-à-vis des pétromonarchies ou des régimes en place en cette année marquée par des protestations dans le monde arabe, de l’Algérie à l’Iraq en passant par le Liban, auraient embarrassés plus d’un. Alors que ces derniers ne bronchent pas sur le sort des Ouighours, des Rohingyas ou des Kashmiris, les posts les plus récents du Professeur Ramadan  laissent entrevoir qu’il se serait démarqué manifestement  de la posture passive et complice des dirigeants arabes. Même l’Iran n’aurait pas été épargné à la lumière de ses  appels  à la libération de  penseurs et prisonniers politiques incarcérés par Téhéran.  Nous savons aussi qu’il s’était exprimé dans le passé pour le départ d’Erdgogan.


Si le Professeur Ramadan était bel et bien surveillé par plusieurs services de renseignements et autres ennemis déclarés, pourquoi est-ce-que ces derniers n’ont pas agi plus tôt contre lui ? La réponse la plus logique est qu’ils n’avaient pas d’éléments vraiment compromettants. L’assassiner, cela aurait fait de lui un martyr. Mais ils sont aussi connus pour inventer des preuves à partir de rien du tout. Et s’ils ne l’ont pas fait, la raison possible serait qu’ils penseraient pouvoir utiliser le Professeur Ramadan.  Cependant, face à un homme sans aucune compromission, il fallait à un moment porter le coup de grâce sans tarder et la campagne « Me Too » a été une occasion rêvée.  


Que c’est étrange, par exemple, le fait que ses détracteurs, qui ont été en contact avec les plaignantes, n’ont jamais été inquiétés ? Serait-ce de l’antisémitisme que de dire que ces ennemis du Pr Ramadan sont proches des  milieux sionistes et islamophobes en France, en Israël, aux États-Unis et ailleurs ? La cause de la Palestine s’est donc trouvé privée d’une voix forte qui aurait,entre autres, vigoureusement dénoncé de tels actes de l’administration Trump comme la désignation de Jérusalem comme capitale de l’état hébreu et l’annexion du Golan. 

Du Brexit à la crise migratoire, on  aurait sollicité le Pr Ramadan sur tant de sujets. Mais  c’est la situation en France qui l’aurait davantage interpellé. Des Gilets Jaunes aux banlieues en passant par l’islamophobie, il aurait pesé de ton son poids dans les débats. Aujourd’hui, bien qu’en liberté et présumé innocent, il est absent des média. Même lorsqu’il est question de sa propre défense, il est écarté. Plus que jamais, le droit de vérité est ignoré.  On lui interdit même de parler dans une mosquée car il menacerait ‘le cadre paisible et serein’ ! Au contraire, n’est-ce-pas là un signe que 2020 pourra être l’année de vérité, in sha Allah ?


`Dr Khalil ELAHEE