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Affaire Tariq Ramadan : Zagury, un expert « neutre » au service d’une justice politisée ?

Le choix de l’expert par les juges d’instruction, parmi une vaste liste de psychiatres en exercice, pose question sur la manipulation à l’œuvre dans l’instruction de ce dossier. Cette énième procédure lancée par les magistrats instructeurs en charge de l’enquête montre une fois de plus que le traitement n’est pas impartial et que la justice française ne s’applique pas de la même façon selon la religion, l’idéologie et les idées de celui qui lui fait face.




Alors que le dossier demeure vide et que les différentes expertises de la Brigade Criminelle ont prouvé que les plaignantes ont toutes menti et ont planifié de piéger l’intellectuel, les juges d'instruction sont allés, une nouvelle fois, dans le sens contraire des conclusions de la Brigade Criminelle. Ils ont mandaté un expert psychiatre qui devrait se positionner sur la notion d’« emprise », soudainement introduite dans le dossier. Une procédure extrêmement rare dans un dossier où deux ans d’enquête ont révélé les multiples mensonges des plaignantes et leurs relations à des personnes hostiles au professeur d’Oxford.


Cet expert, le Dr Daniel Zagury, n’est pas un expert en « emprise sectaire » ni même en « emprise » tout court, mais en serial killer et il s’intéresse aux processus de radicalisation. Plus grave encore, il est lui-même marqué par une idéologie contraire à toutes les prises de position de Tariq Ramadan. Daniel Zagury est un membre actif et influant de l’association Schibboleth. Il fait partie de son « comité scientifique » qui a chapoté de nombreux colloques et conférences idéologiquement très orientés.


L’une de ces dernières fut notamment intitulée : « Les Frères musulmans, mouvement totalitaire ». Durant la conférence, le documentaire de Michael Prazan a été présenté, suivi d’un débat en sa présence. Les Frères Musulmans y sont présentés comme un mouvement totalitaire et fascisant. Michael Prazan est d’ailleurs lui-même membre actif de l’association Schibboleth. Son documentaire cite à de nombreuses reprises le père et le grand-père de l’intellectuel en établissant un lien entre l’idéologie des Frères musulmans, le fascisme et en les reliant directement avec Tariq Ramadan.


Schibboleth est une sorte de Centre de recherche basé à Paris et à Tel Aviv. Il a une une double orientation idéologique : d’une part, ce Centre est radicalement pro-sioniste, et d’autre part il s’oppose à toutes les formes de « l’islam politique » que ses membres associent

immanquablement au fascisme, au totalitarisme, à la violence et au terrorisme. 


Plus de 16 de ses membres ont directement pris position, médiatiquement et nominalement, contre Tariq Ramadan et l’idéologie à laquelle ils le rattachent, même si ce dernier a toujours affirmé, depuis trente ans, qu’il n’en était pas membre.

Schibboleth, une association au service d’une idéologie


« Soutiens, tenez bon » écrit-il à Henda Ayari, « Aucun titre universitaire sérieux » lance-t-il à propos de Tariq Ramadan, « Nouvelle défense d’une insondable lâcheté », lit-on surTwitter sous la plume de Fréderic Encel qui a plusieurs fois exprimé sa haine idéologique vis-à-vis de Tariq Ramadan. Il est depuis longtemps un opposant farouche du professeur et il est au côté de Daniel Zagury dans le comité de l’association. Pascal Bruckner, qui déclarait au sujet de Tariq Ramadan qu’il «rêvait d'une conquête pacifique de l’Europe » est également membre de Schibboleth. De même Philippe Val, - qui a plusieurs fois pris violemment parti contre Tariq Ramadan en est membre et y a animé une conférence avec Fréderic Encel : « Et si l’avenir de l’occident se jouait à Jérusalem ». Cette conférence organisée parSchibboleth est donc cautionnée par le comité scientifique auquel appartient Daniel Zagury.


Le directeur de Schibboleth, Michel Gad Wolkowicz, est un des signataires du « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » qui demandait à ce que certains versets soient retirés du Coran. 


Il a dirigé la conférence : « La confrérie, enquête sur les Frères musulmans et l’emprise adolescente au temps de Daesh » dont la publicité (présente sur le site Akadem) met en évidence une photo de Hassan El Banna, le grand père de Tariq Ramadan. D’autre part, il écrit de nombreux articles qui sont, idéologiquement parlant, à l’opposé de tout ce que prône Tariq Ramadan depuis trente ans, notamment concernant sa critique de la politique d’Israël que le Centre de recherches soutient inconditionnellement.

Le Dr Daniel Zagury est donc membre d’une association dont l’existence et l’objectif se définissent par une opposition assumée et manifeste à l’idéologie prêtée à Tariq Ramadan et à ses positions politiques. Par les conférences qu’il cautionne ou supervise, Daniel Zagury ne peut en aucun cas prétendre être neutre dans l’affaire Tariq Ramadan. Comment a-t-il pu accepter de se charger d’un tel dossier ? A-t-il informé les juges de son appartenance à Schibboleth ? D’autre part, ses liens connus, et « amicaux », avec Me Francis Szpiner et Me Eric Morain, interpellent.

 

Me Szpiner a récemment loué et défendu l’expertise très contestée du Dr Zagury dans l’affaire Halimi, qu’ils ont ensemble perdue. Me Francis Szpiner n’a jamais caché son opposition idéologique à Tariq Ramadan et il avait même confié à son ancienne cliente, Mounia Rabbouj, sa volonté de « diminuer » au maximum Tariq Ramadan en faisant tout pour le « garder enfermé le plus longtemps possible ».  Nous retrouvons dans le dossier Ramadan le même duo « Szpiner-Zagury ». Plus que jamais, il est légitime de s’interroger sur les motivations des juges dans le choix précis de cet expert.


Leur démarche interroge tant sur la forme que sur le fond de cette procédure. Ils demandent à un expert de se positionner sur des auditions alors qu’il a été prouvé que les femmes ont menti. Les juges ont par ailleurs présélectionné les témoignages de certaines femmes et le Dr Zagury n’aura donc pas accès à la totalité du dossier.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, les nouvelles expertises de la Brigade Criminelle accablent la partie civile. La dernière plaignante, « Elvira », a menti. L’alibi de l’intellectuel a été confirmé par la Brigade Criminelle, et la version d’ « Elvira » s’effondre. Ses liens avec le paparazzi Jean-Claude Elfassi, lui-même en lien avec toutes les plaignantes, ont aussi été confirmés par leurs enquêtes.  

Comment un expert psychiatre peut-il se positionner objectivement sur des dépositions mensongères ? Avant même le résultat des enquêtes relatives à cette quatrième plainte, Daniel Zagury, mandaté par les juges, a demandé à rencontrer « Elvira », début janvier 2020, afin d’étudier l’emprise que Tariq Ramadan aurait pu avoir sur elle. Or, les investigations ont prouvé que l’intellectuel ne la connaît même pas et ne l’a jamais rencontrée. L’expertise du Dr Zagury semble aussi curieuse que l’instruction des juges.

Un expert idéologiquement marqué


Le Dr Daniel Zagury est non seulement membre de Schibboleth mais il a participé aux rencontres du cercle « Le Siècle », une association dont l’ « objectif est de faire se rencontrer les élites ». Il y a côtoyé de nombreux intellectuels, journalistes et politiques, notamment Nicolas Sarkozy, qui a participé à beaucoup de ses rencontres. Comment un expert, censé représenter la distance scientifique et la neutralité la plus totale, peut-il être désigné dans un dossier dont le justiciable est à l’opposé de ses positions idéologiques et politiques affichées. La psychologie et la psychiatrie sont des sciences qui demandent neutralité et distance pour pouvoir s'exercer.


Alors qu’il existe une longue liste d’experts potentiels (avec davantage ou autant de compétences que Zagury, et avec un risque moindre de parti pris idéologique), il serait intéressant de savoir comment et pourquoi les juges se sont tournés vers le Dr Daniel Zagury. Il est non moins intéressant de comprendre comment Daniel Zagury a pu accepter cette mission alors qu’il sait que son expertise risque fortement d’être partiale. En effet, tout psychiatre ou psychologue connaît les effets de relations transférentielles positives et surtout négatives :quel expert prendrait alors le risque de produire un rapport, qui se doit d’être objectif et neutre, sur un individu alors qu’il connaît son propre parti pris radical sur l’idéologie de ce dernier ?

La justice française est dangereuse lorsqu’elle est manipulée. Elle n’est pas neutre, et utilise tous les moyens à sa disposition lorsque celui qui lui fait face est perçu comme un danger. Celui-ci est traité comme un ennemi idéologique, un ennemi politique, et non pas comme un simple justiciable à qui l’on doit la vérité et la justice. L’affaire Tariq Ramadan prouve à quel point la justice française n’est pas fiable, comme le relèvent les instances juridiques européennes année après année. Et cela doit nous pousser à la plus grande vigilance face à une magistrature toute-puissante, qui condamne ceux qui la gênent.


Alexandre David

© 2019 par Le réveil citoyen

                  DIM Production 

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