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Dossier Tariq Ramadan, si les psychologues témoignaient des Hommes, que diraient-ils ?



À mesure que l’enquête amène ses réponses et qu’il apparaît clairement qu’il n’y a pas de trace de viol, les médias relayent non pas des informations mais du jugement, voire une forme de jubilation sur une personne qu’ils ne connaissent souvent qu’à travers leur propre média. Pourquoi autant d’articles sur la vie privée d’un homme ? Rappelons que l’instruction est sujette au secret professionnel, mais qui s’en soucie ? Apparemment pas certains journalistes.


Si les psychologues témoignaient des Hommes, que diraient-ils ?


Si les psychologues devaient témoigner au sujet des hommes, que diraient-ils ? Certainement que tout être humain sur sa route est soumis à sa part humaine et terrestre. Le psychisme est fait de tensions, de luttes, d’épreuves, de difficultés, de compréhension de soi, des autres.

 La chute fait partie du chemin. Personne ne sait la force de se relever s’il ne tombe pas lui-même. Personne ne sait s’il aurait fait mieux à la place de celui qu’il regarde, admire, ou déteste, souvent pour des raisons inconscientes de projection, d’identification ou d’image de soi.


La vie humaine est faite d’apprentissages. Et nul n’en parle mieux que celui qui passe par là et a conscience des ombres qui peuplent nos âmes. Rien n’est facile dans un vécu avec soi, sur la terre, avec les Hommes. Mais tout se transforme par l’effort, la patience, le temps et l’indulgence. Ce que les musulmans appellent Djihad an nafs, est une notion centrale qui implique que le rapport au monde passe par l’effort et la lutte que l’Homme livre avec lui-même pour avancer et rejoindre Dieu. Dans le Judaïsme cette notion existe aussi, c’est l’effort et non l’accomplissement d’un but qui importe. « Selon l’effort est la récompense », dit le Talmud. Intention, effort, on parle ici d’un chemin. Pendant qu'une certaine presse, elle, parle de ce qu'elle ne connait pas.

 En psychologie, l’équivalent serait la compréhension de soi et de son vécu pour se libérer, petit à petit, de ses névroses, de ses questions, des zones de souffrance que nous traversons tous à un moment de notre vie. Personne n’avance sans turbulences. Toute vie est faite de questions, de doutes, de peurs, de confiance, d’amour et de haine, de colère et de tristesse. Nos vies ont mille couleurs et chaque couleur se transforme par le temps, la compréhension et l’acceptation que nous sommes ombre et lumière à la fois. La plus grande bataille de l’homme c’est lui-même. La plus grande force de l’homme, c’est sa capacité à l’avancement. La psychologie rend indulgent et aussi conscient que nous sommes des êtres en route et que notre route n’est jamais linéaire. Être un homme debout, c’est être conscient que tout peut arriver. L’important est de se comprendre et d’avancer. Se relever. Faire mieux.


Journalistes français, ne parlez pas au nom d’une communauté que vous instrumentalisez sans cesse


Alors, à tous ces journalistes qui se positionnent en « bonne morale » et parlent au nom des musulmans de France. Êtes-vous sûrs de celui ou celle que vous êtes dans votre vie privée ? Êtes-vous exempts de luttes ? Que dirait un ou une journaliste sur vous, s’il/elle avait accès à la clef de votre intimité ? Un peu de retenue dans les propos et de l’éthique  dans la gestion de l’information.


Puisqu’il semblerait que parler de la vie privée d’un homme fait vendre, soyons plus précis et nommons ici ces journalistes qui s’amusent à salir plutôt qu’à informer. Laurent Joffrin, qui signe pour Libé un article intitulé « Bye Bye prêcheur » dit, je cite : « Le prédicateur n’était qu’un tartuffe et le guide religieux, un farceur théologique.”  Qu’est ce que l’on attaque ici ? Encore et toujours la religion. 


Ian Hamel, prisonnier de sa rivalité, qui écrit chaque mois une dizaine d’articles fallacieux et faux concernant Tariq Ramadan. Tariq Ramadan ne serait plus le bienvenu au Quatar ? Faux. Tariq Ramadan aurait été congédié d’Oxford ? Faux. Tariq Ramadan ne serait plus du tout soutenu ? Faux. Ian Hamel, le journalisme ce n’est pas régler ses comptes personnels, article après article. 


JP Elkabbach, journaliste animé par la haine, fantasme que Tariq Ramadan serait “lâché par la grande majorité des musulmans de France”. D’après quelle source ? Vous parlez au nom de qui ? Vous n'énoncez pas des faits mais de la croyance. 


Marine Turchi qui , dans son enquête Mediapart, cite Lucia Canovi. Une femme qui accuse Freud   d’avoir tué un homme. Quelle crédibilité ? Comment notre société peut-elle fournir des informations non-vérifiés sans se soucier de l'impacte que cela peut avoir ?

Citons aussi Caroline Fourest qui tient profil bas depuis les soupçons de collusion. Si obsédé par Tariq Ramadan qu’elle en a fait son fonds de commerce colportant non pas la vérité mais ses croyances sur la religion, les religions, et les hommes.

 Où est le journalisme ? La liste serait longue de citer tous ceux qui ont hurlé avec les loups pour faire vendre, par haine idéologique, par ignorance ou malveillance.

D’autres ont fait leur travail, ils se reconnaitront et ils font l’honneur de la profession qui, en France, tend à devenir un outil de stigmatisation, destruction et division. Car, tous ces articles qui se répandent sur la vie privée de Tariq Ramadan font sans cesse référence à sa religion et son appartenance. Quel est le lien ou le raccourci entre un homme et ses défis d’homme et le rappel incessant qu’il est un musulman croyant ? Si nous devions exposer tous ceux qui, sur leur route, rencontrent leur propre incohérence, il ne resterait personne. La vie c’est résoudre ses incohérences. Nous sommes des êtres en route.


Tariq Ramadan est et sera toujours un grand intellectuel


Je finirai cette tribune sur un rappel aux journalistes peu éthique qui se positionnent en juge de la bonne morale. L’islam est une religion de miséricorde, de pardon et de la conscience que l’évolution de l’âme et de l’homme s’inscrivent dans une temporalité.

 Tariq Ramadan a souvent dit qu’il cherchait la cohérence avec ses principes. Recherche signifie chemin. Il ne s’est jamais positionné en prêcheur, en prédicateur, ou en représentant de la loi islamique. Il est un intellectuel, un homme, un père, un grand-père, un époux, un frère, un citoyen, un professeur, un ami. Il est loyal tant dans sa démarche que dans ses liens aux personnes qui l’entourent.  


"Tariq Ramadan est debout, aux côtés de chaque personne qui se bat pour le bien" a dit  une sage collègue rencontrée sur ma route lors d'un voyage humanitaire en Bosnie. Je reprends ses mots aujourd'hui.  Merci, Tariq, nous attendons ta sortie. Nous serons mémoire.


Dr Fanny Bauer-Motti