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L'affaire Tariq Ramadan: Violation des droits de l'homme sous couvert de la loi

Mis à jour : 4 sept 2018




À la suite mouvement #MeToo, plusieurs personnalités politiques et publiques ont été accusées de viol en France, parmi lesquelles figure l'intellectuel de renom, le professeur Tariq Ramadan. Dans chacun des cas, les accusés ont tous nié les allégations. Les accusations sont similaires, de même que la position des accusés, mais la manière dont ces affaires de viol sont traitées ne l’est pas : toutes les personnalités françaises accusées ont bénéficié de leur présomption d’innocence, à l’exception de Tariq Ramadan. Au lieu de cela, il a été présumé coupable et immédiatement placé en détention provisoire. Le traitement d'exception que subit Tariq Ramadan illustre bien le double standard que le système judiciaire français réserve aux musulmans. Cette discrimination ainsi que le silence de la communauté internationale doivent être remis en cause.


Des accusations faibles

Sans aucun doute, les allégations de viol doivent être prises avec le plus grand sérieux. On s’attend également à ce que l’accusateur et l’accusé soient tous deux protégés de la diffamation pendant la procédure judiciaire. Cependant, un nombre important de médias semblent déjà avoir jugé Tariq Ramadan. Ceci en dépit des preuves affaiblies mises en avant par les victimes présumées. La première accusatrice, Henda Ayari, a donné une série de témoignages truffés d’incohérences qu’elle attribue à sa faible mémoire. Par ailleurs, elle a été décrite par un agent assermenté dans sa déclaration de police, ainsi que par le militant Gamal Abina dans une interview, et par son propre fils lors de son audition, comme une mythomane manipulatrice. Le témoignage de la seconde accusatrice, Paule Emma Aline, militante politique d’extrême droite, est également marqué par des incohérences. Les accusations de la troisième plaignante, Mounia Rabbouj, l'ex-escort girl qui a déposé une plainte similaire contre Dominique Strauss-Khan en 2015, ont quant à elles été entièrement rejetées au motif qu’elles étaient fausses. Il ne s'agit pas de diffamer les accusatrices, ni de juger du bien-fondé de leurs témoignages, mais bien de démontrer que leurs accusations ne justifient en rien la détention provisoire de Tariq Ramadan. Cependant, malgré l'absence de preuves solides, les tribunaux ont rejeté les demandes répétées de libérer Tariq Ramadan jusqu'au procès.


Une santé qui se détériore

Depuis 2014, Tariq Ramadan a été diagnostiqué comme souffrant de graves maladies neurologiques. Au début de sa détention, le docteur Farid Mehareb, médecin en chef de la prison, avait affirmé que l'état de santé précaire du Ramadan était incompatible avec la détention. Cependant, ce jugement médical a été dans un premier lieu ignoré et Ramadan a été maintenu en prison. Par conséquent, sa santé s'est rapidement dégradée et il a encouru des hospitalisations répétées. A ce jour, il n’a plus qu’un contrôle partiel de ses membres inférieurs et souffre de douloureuses dysesthésies. Il ne peut plus marcher sans assistance. Il a des fourmillements aux bras et ne peut plus écrire. Il souffre de maux de tête intenses et constants qui l'empêchent de dormir. Il a des difficultés à se concentrer et souffre de pertes de mémoire. Malgré la détérioration de sa condition physique et en dépit des avertissements mentionnés dans sa plus récente évaluation médicale, le tribunal maintient son incarcération.


Une détention injustifiée

Les juges français ont choisi d’incarcérer Tariq Ramadan pour le prévenir : (1) de s'enfuir dans un autre pays après sa libération ; (2) d’intimider ses accusatrices ; Et (3) de répéter l'infraction pour laquelle il est accusé.

Ces raisons sont infondées. Ramadan s'est volontairement présenté à la police lorsqu'il a été convoqué par les autorités. Pourquoi fuirait-il maintenant, alors qu'il aurait pu fuir avant ? Pourquoi Ramadan intimiderait-il ses accusatrices alors qu'il a publiquement condamné ses partisans à le faire ? Et comment peut-on supposer qu'il répète une infraction à moins de lui refuser la présomption d’innocence ?


Torture

Depuis l’ouverture du dossier Tariq Ramadan, c’est le procureur général François Molins, spécialiste anti-terroriste, qui en est en charge. Et depuis le début, Ramadan a été traité d’une manière habituellement réservée aux personnes soupçonnées de terrorisme : il est maintenu en isolement, privé de tout contact humain pendant une moyenne de 23 heures par jour. Pendant cette unique heure de « socialisation », il doit souvent choisir entre son repas, un appel téléphonique ou un tour dans la cour en déambulateur.


Pour chaque déplacement, les couloirs de la prison sont vidés de ses détenus et il est escorté par des gardes cagoulés lourdement armés. Son isolement s'apparente effectivement à un confinement en cellule disciplinaire. Selon la Commission Nationale des Soins de Santé Correctionnels, "quel que soit le terme utilisé, une personne privée de contacts tangibles avec d'autres personnes est considérée comme étant confiné en cellule disciplinaire ". Selon les Nations Unies, le confinement en cellule disciplinaire est considéré comme une pratique de torture. Juan E. Méndez, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, précise dans un rapport que "l'isolement en cellule disciplinaire de plus de 15 jours devrait faire l'objet d'une interdiction absolue" en raison des " irréversibles dommages psychologiques " encourus.

Le Dr Méndez mentionne également que pendant leur isolement, « certaines personnes seront confrontées à de graves problèmes de santé, indépendamment des conditions de temps, de lieu et de facteurs personnels préexistants ». Il est important de noter que Tariq Ramadan, avec ses maladies neurologiques diagnostiquées, est maintenu en isolement dans des conditions semblables à celles du confinement en cellule disciplinaire, et cela pendant les sept derniers mois. Par comparaison, à Guantánamo Bay, le centre de détention terroriste des États-Unis, le confinement en cellule disciplinaire est une forme de punition et n'est autorisé que pendant une période continue de 30 jours.


Un prisonnier politique

Si le professeur Ramadan est maintenu en détention, aujourd'hui, malgré des accusations affaiblies et la détérioration de son état de santé, torturé et traité tel un terroriste, cela ne peut pas être uniquement dû aux infractions pour lesquelles il est accusé. Lorsque l’on compare le traitement qui lui est réservé avec celui d’autres personnalités accusées également de viol, on distingue mieux les lacunes et les injustices juridiques commises contre le professeur. Ce traitement différentiel soulève des questions sur les motifs de son incarcération préventive. Pourquoi un "violeur" serait-il détenu et poursuivi suivant des mesures antiterroristes ? La réponse est que Tariq Ramadan représente une menace.

Tariq Ramadan est l'un des leaders musulmans les plus influents du monde occidental. S'inspirant des Écritures (Coran) et des textes sacrés (Sunnah), il appelle les musulmans à s'émanciper par une pratique islamique contextualisée, qui implique, selon lui, l'exercice de la citoyenneté et travailler à rectifier les problèmes sociaux. Grâce à ses enseignements, Ramadan a inspiré et responsabilisé de nombreux musulmans à travers le monde. Il encourage la population musulmane a être plus visible, présente et capable de défier les politiques internationales et nationales des pays occidentaux. Au bout du compte, les enseignements de Tariq Ramadan ont des implications politiques qui génèrent des adversaires politiques. On a constaté que ces adversaires avaient des liens avec les accusatrices, ce qui naturellement rend leurs accusations suspectes. Ce sont ces influences politiques qui font de Tariq Ramadan un prisonnier politique.


Ce que nous pouvons faire

Nous devons dénoncer les mauvais traitements que subit Tariq Ramadan par le système judiciaire français et exiger le respect des droits de l’homme. Une lettre ouverte a déjà été signée par des personnalités publiques, des militants, des intellectuels, des universitaires et des politiciens. Cependant, nous devons continuer à soutenir la campagne en cours et demander à ce que Tariq Ramadan bénéficie d’une procédure équitable. Nous recommandons qu’il bénéficie (1) de la présomption d’innocence, (2) d’un traitement médical approprié ainsi (3) que l’arrêt immédiat de sa détention provisoire. Nous devons continuer à sensibiliser les communautés au travers des réseaux sociaux et à faire pression sur ceux qui peuvent nous aider à faire avancer le procès.


Adrien Chauvet, Président de section locale de groupe Muslim Engagement and Development ( MEND ) - Sheffield ( UK )