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Traduire l’autobiographie

Le terme autobiographie, provenant du grec, est composé de trois éléments :

· Auto- : qui signifie « soi-même », « de soi-même »

· Bio- : du grec « bios » qui signifie « vie »

· -graphie : du grec « graphein » qui signifie « écrire », « graver »


L’autobiographie est considérée aujourd’hui comme un genre littéraire ayant des sous-genres (mémoires, autoportraits, journal), et des genres proches (essais, correspondances).

« Récit rétrospectif en prose qu’une personne réelle fait de sa propre existence, lorsqu’elle met l’accent sur sa vie individuelle, en particulier sur l’histoire de sa personnalité » Philippe Lejeune, Le pacte autobiographique

La traduction de la littérature subjective ou intime (l’autobiographie) pose des problématiques et des difficultés qui sont liées à la particularité du genre lui-même ; et à la notion de l’identité.

L’identité de l’auteur, du narrateur et du personnage principal est marquée le plus souvent par l’emploie de la première personne, appelée par Gerard Genette, la narration

« autodiégétique ».


Jean Starobinsky, théoricien de la littérature et médecin psychiatre suisse, considère la notion d’identité comme l’une des « conditions » de l’écriture autobiographique, alors que Philipe Lejeune, universitaire français spécialiste de l'autobiographie, la considère comme la seule condition.

« Pour qu’il y ait autobiographie, (et plus généralement littérature intime), il faut qu’il y ait identité de l’auteur, du narrateur, et du personnage. » Philipe Lejeune

Le texte autobiographique est lié à l’auteur, à son vécu, à ses souvenirs, et donc à sa culture. L’écriture à la première personne est souvent reliée à la notion de la subjectivité et de l’identité. Les problématiques que le traducteur rencontre sont reliées inévitablement à la traduction culturelle.


Les éléments constitutifs de ce genre, ainsi les structures énonciatives et lexicales associées à l’expression de l’intime et de la subjectivité doivent être attentivement suivis en traduction, car à travers la traduction, nous « recréons » une identité.

Je cite ici un extrait de Muettes « une autobiographie » de Yasmine Ghata, chapitre 30 :


« À nouveau, je m'accrochais à elle, enserrant sa taille, mon mollet posé sur le sien comme on clôture la terre pour signifier qu'elle vous appartient. J'ajustais mon ventre, emboîtais mes cuisses cernant chacun de ses membres avec exactitude. Ma mère n'était qu'à moi, rapports exclusifs et inconditionnels. Nous avions remplacé le père, elle et moi, l'une envers l'autre. »

Que j’ai traduit vers l’arabe par :

"و مرة أخرى ، كنت أتشبث بها ، ممسكة بخصرها ، و أضع ربلة ساقي على ساقها كما تغلق الأرض للدلالة على أنها تنتمي إلينا. كما عدلت بطنى ، وحاصرت كل أعضائها بفخذي بدقة تامة. كانت أمي لي وحدي ، روابط خاصة وغير مشروطة تجمعنا. لقد قمنا مقام الأب ، هي وأنا، الواحدة اتجاه الأخرى"


La traduction de ce passage demande beaucoup d’attention car il ne s’agit pas de traduire les mots ou les phrases, mais de rendre ce souvenir avec tous ses détails aux potentiels lecteurs arabophones.

Traduire l’autobiographie consiste à « recréer » une mémoire décrite dans un texte littéraire source. Le traducteur participe à la création d’une identité et d’une conscience, à la fois celle du narrateur, du personnage et de l’auteur.


Nousseyba Mohamed

Traductrice, Experte en linguistique et Terminologue