5 compagnies aériennes à bas prix frappées d'amendes massives pour « bénéfices illicites »

Les voyageurs aériens en Europe viennent de remporter une victoire majeure

Par Anissa Chauvin

Après 13 ans de négociations, un accord sur les frais de bagages s’est enfin concrétisé.

L’Union européenne est parvenue ce mois-ci à un accord pour protéger les droits des passagers aériens après 13 ans de négociations. Les passagers voyageant au sein de l’UE, ou au départ ou à l’arrivée du bloc, seront autorisés à transporter des bagages à main sans frais supplémentaires. Les pays membres ont également conservé des politiques concernant la compensation financière pour les retards et les annulations, malgré les réticences des compagnies aériennes. Il s’agit d’un accord provisoire qui entrera en vigueur l’année prochaine.

L’Europe dispose d’un cadre solide en matière de droits des passagers aériens. Depuis 2004, les voyageurs reçoivent une compensation financière pour les vols retardés ou annulés. Les compagnies aériennes font pression depuis des années contre de nombreuses dispositions, et les membres du Parlement européen ont passé la dernière décennie à négocier ces protections.

Les passagers recevront toujours une indemnisation si leur vol arrive à destination avec plus de trois heures de retard ou est annulé moins de 14 jours avant le départ. Les compagnies aériennes voulaient augmenter le seuil à cinq heures pour tenir compte des retards indépendants de leur volonté, mais la limite de trois heures reste intacte.

Le montant de l’indemnisation dépend de la distance : 250 € (286 $) pour les vols dans un rayon de 1 500 kilomètres (932 miles) ; 400 € (458 $) pour les distances comprises entre 1 500 km et 3 000 km (1 864 miles) ; et 600 € (688 $) pour les distances plus longues. « Les transporteurs aériens auront la possibilité de réduire l’indemnisation de 50 % pour leurs voyages les plus longs si les passagers se voient proposer un réacheminement vers leur destination finale suite à une perturbation du voyage, ou si le retard à l’arrivée ne dure pas plus de quatre heures », indique l’UE.

De plus, les compagnies aériennes doivent prendre soin des passagers en leur proposant des rafraîchissements toutes les deux heures, un repas après trois heures et une nuitée pouvant aller jusqu’à trois jours si nécessaire.

L’un des changements les plus importants est que les compagnies aériennes doivent inclure le prix des bagages à main (un article personnel et un petit sac) dans le billet. Ils ne sont pas autorisés à facturer un supplément pour les bagages à main. Les compagnies aériennes et les plateformes de recherche devront afficher par défaut les prix incluant les bagages à main, tout en étant également autorisées à proposer des vols moins chers aux passagers qui n’ont pas besoin de bagages.

Les compagnies aériennes à bas prix ont été critiquées à plusieurs reprises pour avoir facturé un supplément pour les bagages à main, une tactique qui génère des milliards de dollars à l’échelle mondiale. Alors, devinez quelle compagnie aérienne est la plus critique de cette décision ? La compagnie aérienne irlandaise à bas prix Ryanair a publié une réponse cinglante, la qualifiant de « non-sens réglementaire européen » et de « règles encore plus stupides ».

Le PDG de Ryanair, Michael O’Leary, a déclaré dans le communiqué : « Ces dernières réglementations de l’UE261 ne sont que des bêtises bureaucratiques du Parlement et du Conseil de l’UE. Au lieu d’encourager les compagnies aériennes de l’UE à annoncer nos tarifs les plus bas (qui excluent les deuxièmes bagages en cabine), ce que choisissent plus de 50 % de nos clients, ces nouvelles réglementations sur les déchets obligent les compagnies aériennes à annoncer faussement des tarifs aériens plus élevés, rendant les compagnies aériennes de l’UE encore moins compétitives. »

La compagnie aérienne a fait valoir que cette décision augmenterait les prix pour les consommateurs et obligerait les compagnies aériennes à annoncer des tarifs plus élevés même lorsqu’il existe des tarifs moins chers sans bagages. O’Leary a également appelé le Parlement à cesser de prendre des « réglementations inutiles » et à se concentrer sur les réformes du contrôle du trafic aérien et sur l’abolition de la taxe sur le système d’échange de quotas d’émission (ETS) visant à réduire les émissions.

Les compagnies aériennes ne sont pas non plus autorisées à facturer des frais supplémentaires pour l’impression des cartes d’embarquement ou pour les sièges familiaux réunis. Le Parlement demande que les compagnies aériennes communiquent clairement sur les droits des passagers. Les droits des passagers handicapés font également l’objet d’une attention particulière : ils pourront désormais voyager avec des équipements de mobilité ou des chiens d’assistance sans assurance supplémentaire et bénéficieront de davantage de droits à indemnisation si les aéroports ne fournissent pas une assistance suffisante.

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Anissa Chauvin