0
Suivez-nous
Bulletin
Ce jour-là, les chimistes ont découvert une substance 900 fois plus radioactive que l’uranium. Leurs recherches ont conduit à des percées médicales sans précédent et à une renommée mondiale – mais elles tueraient également l’un d’entre eux.
Marie-Curie était étudiante en médecine à la Sorbonne, une université parisienne, lorsqu’elle a décidé d’étudier le nouveau domaine des rayonnements pour sa thèse. En 1895, Wilhelm Röntgen découvre de puissants « rayons Röntgen », qui seront finalement surnommés rayons X. L’année suivante, Henri Becquerel découvre accidentellement des rayons beaucoup plus faibles émis par les sels d’uranium. embue les plaques photographiques comme le faisaient les rayons lumineux – même en l’absence de lumière.
Curie s’est rendu compte qu’elle n’aurait pas besoin de lire une longue liste d’articles antérieurs sur ce nouveau sujet avant de se lancer dans le travail expérimental, selon l’Institut américain de physique. Le mari de Curie, Pierre, lui a trouvé un espace de travail dans un entrepôt moisi et bondé de son établissement, l’École municipale de physique et de chimie industrielle de Paris. Bientôt, il devint tellement fasciné par ses recherches qu’il abandonna les siennes pour poursuivre les siennes.
La clé des recherches de Marie Curie était l’électromètre piézoélectrique à quartz. L’appareil, inventé par son beau-frère Jacques Curie, mesurait les faibles courants électriques produits par la radioactivité.
« Au lieu de faire agir ces corps sur des plaques photographiques, j’ai préféré déterminer l’intensité de leur rayonnement en mesurant la conductivité de l’air exposé à l’action des rayons », écrit Curie dans un ouvrage de 1904. article pour le magazine Century.
L’humidité de la réserve a altéré ses résultats, mais elle a finalement découvert que l’intensité de ce rayonnement dépendait de la concentration d’uranium dans les minéraux qu’elle étudiait. Elle a émis l’hypothèse que quelque chose d’intrinsèque à la structure atomique de l’uranium devait être en jeu.
Avec son mari Pierre et Gustave Bémont, directeur du département de chimie à l’École supérieure de physique et de chimie industrielle de la ville de Paris, ils se lancent dans l’étude de la pechblende, un minéral noir riche en uranium que l’on retrouve souvent dans les gisements aux côtés de l’argent.
Curie a remarqué qu’il pourrait être beaucoup plus radioactif que le minerai d’uranium lui-même.
« Comment un minerai, contenant de nombreuses substances que j’avais prouvées inactives, pouvait-il être plus actif que les substances actives dont il était formé ? La réponse m’est venue immédiatement : le minerai doit contenir une substance plus radioactive que l’uranium et le thorium, et cette substance doit nécessairement être un élément chimique encore inconnu », écrit Marie Curie dans Revue du siècle en 1903.
Marie Curie en a déduit que quelle que soit cette substance mystérieuse, elle ne devait exister qu’en petites quantités tout en présentant un niveau remarquable de ce qu’elle avait surnommé « radioactivité ». Le trio a décidé d’essayer de séparer le pitchblende, qui peut être composé de jusqu’à 30 minéraux, en ses éléments constitutifs afin d’identifier la substance radioactive. Ils ont utilisé les spectres lumineux de différentes substances pour tenter d’isoler et d’identifier les ingrédients.
En juillet, ils ont identifié un minéral environ 60 fois plus « radioactif » que l’uranium, qu’ils ont baptisé polonium. Et le 21 décembre, ils en ont découvert un autre, appelé radium, qui était 900 fois plus radioactif que l’uranium, sans précédent. Ils ont décrit les deux nouvelles substances lors d’une conférence au Académie française des sciences le 26 décembre.
Les Curie allaient isoler les éléments radioactifs au cours des années suivantes, tout en travaillant dans un hangar mal ventilé situé dans la cour en face du magasin d’origine.
Leurs recherches sur les radiations valurent à Curies et Becquerel le prix Nobel de physique en 1903. (Marie devait initialement être ignorée, mais elle ne reçut le prix qu’après que son mari, Pierre, a insisté pour que le comité crédite son travail.) Marie obtiendra un autre prix Nobel en 1911, cette fois en chimie, pour ses travaux sur le radium.
Pierre a été tué dans une calèche en 1906, mais Marie a continué à plaider en faveur de l’utilisation des rayons X en médecine, notamment en développant des véhicules capables de fournir des rayons X mobiles aux soldats sur le champ de bataille pendant la Première Guerre mondiale. Elle a également noté que le radium tuait les cellules malades plus rapidement que les cellules saines, un principe qui inspirera plus tard le développement de la radiothérapie pour le traitement du cancer.
Le radium a provoqué de fréquents mal des rayons et des brûlures dans les deux Curies. L’exposition aux radiations de Marie l’a probablement tuée ; elle est décédée en 1934 à 66 ans des suites d’une anémie aplasique, un type de leucémie qui peut être causée par dommages causés par les radiations à la moelle osseuse. Le carnet qu’elle a utilisé pour documenter sa découverte de 1898 est toujours radioactif et est conservé dans une boîte en plomb.

