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Vous pourriez être un citoyen canadien en vertu de la nouvelle loi canadienne sur la citoyenneté

Par Anissa Chauvin

Une nouvelle loi canadienne supprime les limites à la citoyenneté par filiation, permettant aux descendants de Canadiens – potentiellement des générations éloignées – de revendiquer la citoyenneté canadienne avec une preuve de lignée.

Cles responsables canadiens constatent un augmentation des demandes de citoyenneté à la suite d’un projet de loi du Sénat canadien de décembre 2025 qui supprime les limites d’éligibilité à la citoyenneté canadienne par filiation. Les modifications apportées à la loi signifient qu’un nombre important de « Canadiens perdus », plusieurs générations éloignées d’un ancêtre canadien, pourraient revendiquer eux-mêmes la citoyenneté canadienne.

Auparavant, la loi canadienne sur la citoyenneté limitait la citoyenneté par filiation à la première génération née à l’étranger d’un parent canadien. Une décision d’un tribunal de l’Ontario de 2023 a statué que ces limitations étaient inconstitutionnelles, et le Projet de loi du Sénat confirme cette décision.

Par conséquent, toute personne ayant un ancêtre canadien – y compris un grand-parent, un arrière-grand-parent, un arrière-arrière-grand-parent, un arrière-arrière-arrière-grand-parent ou une personne antérieure, qui possède des documents prouvant sa lignée et la citoyenneté canadienne de son ancêtre peut demander à faire confirmer sa citoyenneté par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). L’ancêtre canadien ou l’un de ses descendants ne doit pas avoir formellement renoncé à la citoyenneté canadienne.

La loi du Sénat rend la citoyenneté canadienne rétroactive et immédiate, même si les ancêtres intercédants n’ont jamais cherché à affirmer leur propre citoyenneté canadienne avant leur mort. La loi reconnaît également le droit à la citoyenneté canadienne à ceux dont les ancêtres sont nés puis ont émigré de n’importe quelle partie de ce qui est aujourd’hui le Canada, c’est-à-dire même ceux nés avant 1947, lorsqu’une citoyenneté canadienne distincte de la nationalité britannique a été créée pour la première fois, ou avant 1867, lorsque le Canada a été officiellement établi en tant que dominion.

La vague de demandes arrivant maintenant au Canada de la part de Canadiens perdus à l’étranger a suscité un fil de discussion sur Reddit sur le sujet, alors que des affiches discutent des types de documents requis et de la manière de parcourir les formulaires nécessaires pour demander la citoyenneté. IRCC estime qu’il faut actuellement environ 10 mois pour traiter une demande.

Une fois complétée, une demande acceptée reconnaît la citoyenneté canadienne du demandeur et délivre un certificat de citoyenneté. Il n’y a aucune condition de résidence, ni test de citoyenneté ni cérémonie de serment, car la loi considère une demande réussie comme le rétablissement de la citoyenneté à laquelle le demandeur a toujours eu droit, et non comme la naturalisation d’un nouveau citoyen.

Les citoyens américains peuvent acquérir une seconde citoyenneté sans renoncer à leur citoyenneté actuelle. L’un des avantages de l’acquisition de la citoyenneté canadienne est la possibilité d’acquérir un passeport canadien, qui permet voyager sans visa dans 181 paysce qui en fait le 8 mondialème passeport le plus puissant. Le passeport américain est le 10ème le plus puissant, permettant de voyager sans visa dans 179 pays.

Il y a peu d’inconvénients à affirmer la citoyenneté canadienne. De nombreuses obligations légales des Canadiens sont basées sur la résidence et non sur la citoyenneté, de sorte que les citoyens canadiens vivant à l’étranger n’ont pas besoin de payer d’impôt sur le revenu canadien sur les revenus gagnés à l’extérieur du Canada ni de faire partie de jurys. De même, les Canadiens à l’étranger ne sont pas admissibles au système national de soins de santé du Canada, et la plupart ont déjà vécu au Canada afin de voter aux élections fédérales.

Les candidats doivent fournir une preuve documentaire de leur ancêtre canadien, ainsi que des actes de naissance et des actes de mariage démontrant leur lien avec cet ancêtre. En l’absence de documents primaires, tels que les certificats de naissance, les autorités canadiennes ont pu prendre des décisions fondées sur des documents secondaires tels que les listes de recensement. Les documents délivrés par les autorités canadiennes sont préférés.

Certains avocats spécialisés en droit de l’immigration aideront les candidats à rassembler les documents et à remplir la demande moyennant des frais. Les règles du Canada exigent que les candidats qui font appel à un tiers rémunéré, comme un avocat ou un notaire, doivent remplir un formulaire distinct déclarant qu’ils font appel à un représentant. Un avocat ou un notaire doit être membre d’un barreau canadien, et les autres consultants en immigration ou en citoyenneté doivent être accrédités par le Collège des consultants en immigration et en citoyenneté.

Le projet de loi n’accorde la citoyenneté qu’aux descendants de Canadiens, et non aux conjoints, bien qu’une fois la citoyenneté canadienne affirmée, il serait possible de parrainer un conjoint pour qu’il obtienne la résidence permanente au Canada.

Il n’existe pas d’estimations claires sur le nombre de Canadiens perdus susceptibles de revendiquer la citoyenneté, mais certaines projections placent ce nombre dans la catégorie des centaines de milliers.

Anissa Chauvin