Le malade : Une femme d’une cinquantaine d’années au Canada
Les symptômes : La femme a commencé à entendre son nom de temps en temps lorsqu’elle était seule, généralement dans un environnement calme. Plus tard, les sons se sont transformés en murmures indistincts. Ces voix semblaient venir de l’extérieur de sa tête plutôt que de ses propres pensées. Ils ne lui ont jamais parlé directement, n’ont jamais commenté ses actions ni donné d’ordres.
Que s’est-il passé ensuite : Au cours des deux années qui ont suivi après avoir commencé à entendre des voix, la femme s’est rendue à plusieurs reprises aux services d’urgence et a été brièvement admise en psychiatrie. Parce qu’entendre des voix est généralement associé à psychose – des symptômes qui surviennent lorsque les gens se sentent déconnectés de la réalité – les médecins lui ont diagnostiqué une « psychose non précisée » et ont tenté divers traitements.
Ils ont d’abord essayé l’antipsychotique rispéridone, en augmentant progressivement la dose, mais les voix ne disparaissaient pas. Les médecins ont ensuite fait passer le patient à l’aripiprazole, mais les hallucinations sont restées inchangées. Ensuite, ils ont essayé l’halopéridol, et bien que la femme ait déclaré que le médicament la faisait se sentir plus calme et moins angoissée, les voix ont persisté.
Au cours d’autres évaluations psychiatriques, les médecins ont remarqué que la femme se penchait fréquemment en avant pendant les conversations, tendait l’oreille et demandait aux gens de se répéter. Environ quatre à six mois après son premier contact avec une équipe psychiatrique, elle a été orientée vers des tests auditifs. Ces tests ont révélé une perte auditive dans les deux oreilles, allant de modérée à sévère dans une oreille et légère à profonde dans l’autre.
Environ deux mois plus tard, la femme a reçu des appareils auditifs aux deux oreilles, ce qui a amélioré son audition. Les voix n’ont cependant pas disparu.
Les scanners cérébraux n’ont montré aucune anomalie et les analyses de sang sont revenues normales. Les évaluations neurologiques n’ont révélé aucune preuve d’autres explications. Pendant ce temps, la femme a continué à travailler à temps plein, à gérer son ménage et à mener une vie sociale active. Elle n’a montré aucun signe de paranoïa, de délires, de pensée désorganisée ou de déclin du fonctionnement quotidien que les médecins s’attendraient généralement à associer à un trouble psychotique.
Le diagnostic : Sur la base du fonctionnement stable de la femme, de sa déficience auditive et de l’absence d’autres anomalies cliniques, les médecins ont conclu que ses hallucinations auditives provenaient d’une privation sensorielle causée par une perte auditive.
La réduction de l’apport sonore provenant des oreilles peut rendre les régions auditives du cerveau inhabituellement actives, les obligeant à « combler » les sons manquants, ont expliqué les médecins dans un article. rapport de l’affaire. Un phénomène connexe est connu sous le nom de hallucinose musicaledans lequel les personnes malentendantes entendent chansons, mélodies ou autres formes de musique qui ne jouent pas réellement.
Le traitement : Comme ni les médicaments antipsychotiques ni les appareils auditifs n’ont éliminé les hallucinations de la patiente, les médecins se sont concentrés sur l’aide à la femme pour y faire face.
Ils lui ont appris le lien entre la perte auditive et les hallucinations et lui ont conseillé de suivre une psychothérapie visant à réduire la détresse associée aux voix et à améliorer ses stratégies d’adaptation pour faire face à leur persistance. Au moment de la publication du rapport, en mai 2026, elle attendait de pouvoir commencer cette thérapie.
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Ce qui rend le cas unique : Dans leur rapport, les médecins ont noté que la plupart des rapports publiés sur ce phénomène décrivaient des hallucinations des patients s’améliorant ou disparaissant après le traitement de leur déficience auditive. Les hallucinations persistantes après le traitement sont rares. Dans le cas de la femme, cependant, les voix persistaient malgré l’utilisation d’appareils auditifs.
Les médecins suggèrent qu’une perte auditive prolongée peut provoquer des changements durables dans le cerveau qui ne s’inversent pas immédiatement une fois l’audition améliorée. (Le rapport de cas ne précise pas depuis combien de temps l’audition de la femme était probablement altérée.)
Cette affaire rappelle également qu’entendre des voix n’indique pas toujours une psychose, ont conclu les médecins. Parce que la perte auditive de cette femme n’a été reconnue qu’après des années de symptômes et plusieurs essais médicamenteux infructueux, les auteurs du rapport ont soutenu que les médecins devraient envisager de procéder à des évaluations auditives précoces chez les patients présentant des hallucinations auditives isolées, en particulier lorsque leur perspicacité et leur fonctionnement quotidien restent intacts.
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Cet article est uniquement à titre informatif et ne vise pas à offrir des conseils médicaux.
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