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Manque de transparence dans le dossier Tariq Ramadan

Mis à jour : 4 août 2018


Le dossier Tariq Ramadan devient une affaire d’État où le manque de transparence et les décisions prises, étape par étape tout au long du processus juridictionnel, étonnent et interrogent non seulement sur les failles du système judiciaire français, mais aussi sur le manque de recours possible pour les minorités dont Tariq Ramadan devient le symbole.


Lundi 30 juillet, le juge des libertés a refusé la remise en liberté de l’intellectuel Tariq Ramadan. Bien qu’une des premières raisons invoquées ait été la dangerosité possible du présumé innocent et que l’expertise médicale ait attesté de « l’absence de dangerosité psychiatrique et criminologique ou sociale de l’intéressé », les juges d’instruction s’appuient à présent sur les derniers arguments restants, notamment le risque de pression sur les plaignantes et leurs familles jusqu’à la prochaine audition qui devrait avoir lieu le 18 septembre prochain. Deux mois de plus donc pour Tariq Ramadan, atteint d’une sclérose en plaque et mis en isolement depuis maintenant plus de six mois.

En réalité, cette confrontation devait avoir lieu le 18 juillet dernier, mais Paule Emma A, sur la simple remise d’un certificat médical, ne s’est pas rendue à l’audition. Ce qui, encore une fois, interroge sur la différence de traitement entre les protagonistes de cette affaire : en effet aucun certificat médical concernant l’état de santé de Tariq Ramadan n’a été accepté comme élément d’expertise de santé probant.

Prochaine étape dans une semaine. Le 8 août prochain aura lieu l’appel déposé par Maître Marsigny. Les vacances judiciaires ayant commencé, il y a peu de chance que le juge assigné au recours, Thierry Léon, Inspecteur de justice, puisse se positionner contre la décision des juges d’instruction.


Les raisons invoquées ne prennent pas en compte les faits


Encore une fois, pour justifier le refus de remise en liberté, les raisons invoquées ne prennent pas en compte les faits et preuves que l’enquête a amenés au dossier ces derniers mois. Malgré l’enquête de l’OPJ qui apporte des éléments à décharge pour Tariq Ramadan. En premier lieu, la date qu’avait donnée Henda Ayari est tombée à l’eau. D’autre part, de nombreux témoignages concernant la quadragénaire témoignent qu’elle serait « mythomane » et aurait déjà « harcelé plusieurs hommes ». Le profil psychologique qui apparaît la concernant a permis de mettre en lumière la répétition de scénarios dans ses relations aux hommes. Le message à caractère sexuel qu’elle a envoyé à Tariq Ramadan quelques mois après la date où elle l’accuse de viol : « Je sais que tu ne seras jamais amoureux de moi, mais bientôt tu seras entre mes cuisses » est un message, parmi d’autres textos à caractère sexuel, envoyé à d’autres hommes durant la même période post-viol présumé.


Paule Emma A. n’a pas non plus d’éléments matériels probants pouvant attester d’un viol présumé à part la date du 9 octobre 2009 où les deux protagonistes se sont vus. Mais là aussi, des éléments viennent faire tomber à l’eau la plainte. En premier lieu, si l’enquête n’a amené aucun élément étayant l’hypothèse du viol, elle a néanmoins permis de démontrer qu’aucun des témoins cités par Paule Emma A., du réceptionniste à la femme de chambre en passant par les policiers qui aurait ri lorsqu’elle aurait voulu déposé plainte, n’ont pu valider sa version. Pour une raison bien simple, les enquêteurs n’ont retrouvé aucune de ces personnes citées par Paule Emma A. Les conducteurs de bus par contre ont été retrouvé : aucun d’eux ne se souvient d’elle.

L’étrange dialogue qu’elle a eu avec son amie, Denise - qui parle d’un « plan » pour faire « tomber politiquement » Tariq Ramadan - et les preuves qui permettent à présent d’affirmer que Paule Emma A. connaissait Henda Ayari depuis 2012, la plaignante de Suisse R.B. depuis 2009 et Majda Bernoussie depuis 2010 renforcent les soupçons de collusions. L’enquête a aussi permis de confirmer que Paule Emma A. était en contact avec Caroline Fourest, le magistrat Michel Debacq, Alain Soral, Antoine Sfeir et Jean-Claude Elfassi, des détracteurs de Tariq Ramadan, bien avant sa plainte.

Mounia Rabbouj, la troisième plaignante, déjà condamnée pour escroquerie, a ouvertement exprimé une rupture entre elle et son ancien avocat Me Szpiner. En effet Mounia Rabbouj a pointé du doigt le manque de transparence de l’avocat. Elle a aussi exprimé sa volonté de ne plus associer son nom à celui de Henda Ayari. Mounia Rabbouj témoigne aussi du caractère « trouble » de Henda Ayari sur les réseaux sociaux : « C’est une mythomane », dit-elle à plusieurs reprises.


Les minorités exposées au système judiciaire français


Cela fait donc six mois que l’enquête dure et qu’aucune preuve probante n’a pu attester des accusations de viol. Au contraire. Les nouveaux éléments impliquent clairement des collusions entre les accusatrices, notamment Henda Ayari et Paule Emma, qui se connaissent depuis 2012 et ont cherché à le cacher aux enquêteurs lors des premières auditions. La particularité du dossier Tariq Ramadan réside dans le fait qu’à aucun moment, le passif psychologique, pénal et idéologique des plaignantes n’a été vérifié avant que la mise en examen et la détention provisoire ne soient décidées. C’est l’enquête de la brigade criminelle qui, petit à petit, révèle les éléments à décharge pour le professeur.

La prudence et la justice française imposent aux magistrats une posture neutre qui protège tous les protagonistes d’un dossier. M. Darmanin, M. Hulot, M. Collard ou encore M. Besson, sous le joug du même type de plainte, ne sont pas en détention provisoire. Il y a le temps de la justice et le temps de l’enquête. C’est une norme judiciaire que la société française impose pour garantir l’intégrité de tout citoyen. Mais Tariq Ramadan, lui, n’a eu aucune protection et a été exposé à un système judiciaire qui n’a pas pris en compte « les faits », mais « des accusations », sans aucune précaution ni vérification comme cela est fait habituellement dans ce type de dossier. Il y a une volonté manifeste de le garder en détention et ce, malgré une santé déclinante, malgré le manque de preuves matérielles. Malgré une enquête de six mois qui n’a ramené aucune preuve à charge contre lui.


Musulman, de nationalité suisse, Tariq Ramadan est-il victime du fait de représenter une des minorités les plus exposées en France dans ces temps de xénophobie ambiante ? D’après une source proche du dossier, au sein même de la magistrature, certains se questionnent sur « le traitement judiciaire » d’exception que vit actuellement l’intellectuel.


Alexandre David